La gestion écologique des forêts

 

 

 

Nous sommes tous conscients qu’il faut récolter des arbres pour faire du papier, construire des maisons ou des meubles. Cependant, on ne pas peut exploiter les forêts n’importe comment. Il existe des techniques adéquates pour récolter le bois et pour ne pas abattre plus d’arbres que la forêt est capable d’en produire.

 

De plus, les forêts ne sont pas seulement constituées d’arbres et d’arbustes. Il existe plusieurs autres ressources présentes dans ces milieux naturels tels la faune, l’eau, les plantes  herbacées,les sols forestiers et le paysage qui sont à considérer lorsqu’il y a coupe forestière.

La forêt et ses multiples ressources

 

En plus de mettre à notre disposition de la matière ligneuse (bois), la forêt fournit également d’autres richesses dont les êtres humains peuvent bénéficier. En effet, les propriétaires de lots boisés peuvent pratiquer l’acériculture (production de sirop d’érable), la chasse, la pêche ou la cueillette de petits fruits, champignons ou autres végétaux comestibles. Il est donc important que les propriétaires planifient les activités à effectuer dans leurs forêts, connaissent les ressources présentes, sachent si c’est possible de les exploiter et surtout comment les exploiter de façon à respecter les valeurs fauniques et environnementales.

 

À cet effet, voici quelques pratiques adéquates à suivre lors de coupes forestières :

Respecter la faune et la flore

 

Afin d’aménager une forêt dans une optique multi ressources, il faut dresser un portrait de la faune et de la flore présentes (plan d’aménagement faunique et floristique). Il faut tenir compte également des habitats des animaux. La destruction de leurs habitats favorise leur disparition.

 

Pour bien protéger la faune et la flore en effectuant des coupes forestières il faut :

 

Ø     Identifier les espèces floristiques et les espèces fauniques présentes sur le territoire à exploiter ;

Ø     Identifier les habitats et les écosystèmes à conserver pour maintenir la faune et la flore (héronnière par exemple);

Ø     Identifier les zones sensibles ou particulières (milieu humide par exemple);

Ø     Trouver des moyens d’intervenir pour favoriser la production forestière et faunique et pour protéger les éléments très sensibles (espèces menacées) (l’ail des bois par exemple).

ØGarder des abris et des sources de nourriture pour la faune sur le territoire de coupe (garder des arbres fruitiers et des arbres morts encore debout qui servent de perchoir aux oiseaux).

                                                                    

Milieu humide Source : RAPPEL                            Ail des bois                                                          Héronnière

Construire un chemin forestier adéquat pour le transport du bois

 

 

La construction des chemins forestiers peut causer beaucoup d’impacts sur les écosystèmes aquatiques. Ce genre de travaux quand ils sont mal faits, entraîne souvent un apport excessif de sédiments dans les cours d’eau. Il faut donc minimiser au maximum l’érosion et la sédimentation et ses effets sur les cours d’eau présents en forêt. De plus, les chemins, bien construits selon les normes, améliorent l’attrait du paysage en favorisant par exemple l’accès à la forêt alors qu’ils peuvent détruire un beau paysage si le propriétaire ne s’en préoccupe pas.

 

Pour la réalisation d’un chemin forestier adéquat il faut :

 

Ø      Identifier la fréquence et la période d’utilisation (Est-ce que le chemin sera permanent ou temporaire ? Va-t-on circuler seulement en hiver ?) ;

Ø      Identifier l’endroit idéal pour construire le chemin (situer les peuplements à couper, étudier la qualité du sol et la topographie) ;

Ø      Étudier la possibilité d’utiliser le chemin pour d’autres activités ;

ØS’assurer de protéger les lacs et les cours d’eau contre l’érosion (éviter de traverser des cours d’eau) ;

ØS’assurer de protéger les écosystèmes forestiers exceptionnels et les espèces menacées ou vulnérables.

 

 

                                                                               

Chemin forestier

Source : http://www.alsace-vosges-rando.com/02e_Album1p4.htm

                                                                                                     Chemin forestier

                                                                                                                    Source :                            http://www.soslevasseur.org/image/rl2004/trail038.jpg

 

Construire une traverse de cours d’eau

 

Les milieux aquatiques sont des endroits très fragiles. Pour transporter le bois coupé, il faut construire des chemins, des ponts et des ponceaux car les camions doivent parfois traverser des cours d’eau. Afin de protéger les habitats aquatiques et de minimiser les risques de les affecter, il faut prendre des mesures adéquates pour construire des traverses solides, durables et stables et répondre aux normes environnementales.

 

Pour réaliser une traverse de cours d’eau en minimisant les impacts il faut :

 

Ø      Choisir la partie du cours d’eau où la voie est la plus étroite et droite possible (éviter les ruisseaux larges et sinueux);

Ø      Prioriser une section sèche et non marécageuse pour que la traverse soit plus stable ;

Ø      Choisir une section loin d’une pente abrupte ;

Ø      S’assurer de la stabilité des rives en laissant une bande de protection végétale pour éviter l’apport excessif de sédiments (limiter au maximum le déboisement près des cours d’eau) ;

Ø      Laisser le cours d’eau le plus naturel possible (éviter les modifications  physiques) ;

Ø      Placer le pont en aval des frayères de poissons si possible afin qu’ils puissent se rendre à leur site de ponte sans contraintes. Il faut construire la traverse avant la frayère si l’on descend le courant du cours d’eau ;

   Ø Réduire au maximum les obstacles pour la circulation des 
            poissons en installant les ponceaux (tuyaux de métal) à 
            la bonne hauteur et de façon réglementaire.

http://www.dfo-mpo.gc.ca/canwaters-eauxcan/infocentre/guidelines-conseils/factsheets-feuillets/nfld/fact26_f.asp

Procéder à la coupe forestière

 

Le bois est une ressource fort précieuse et combien pratique pour combler nos besoins dans la vie de tous les jours. Il est donc très important de ne pas abuser de cette ressource en épuisant les forêts. De ce fait, il existe des méthodes efficaces pour récolter le bois tout en s’assurant de la pérennité de la ressource ligneuse.

 Lors d’une coupe forestière il faut :

Ø      Se préoccuper du renouvellement des peuplements (lorsqu’on coupe du bois il faut soit replanter des arbres ou favoriser au maximum le reboisement naturel (dispersion des graines par les arbres encore sur place)) ;

Ø      Trouver le meilleur moment pour effectuer la coupe selon la saison pour réduire les impacts que la coupe pourrait avoir sur le sol, le ruissellement, la pente…

Ø      Trouver la meilleure façon de couper le bois selon les objectifs à atteindre (par exemple la coupe de récupération consiste à récupérer les arbres morts ou affaiblis par les maladies ou les insectes avant qu’ils ne deviennent inutilisables pour la transformation) ;

Ø      Favoriser des coupes de petites superficies ou partielles (favorise la biodiversité et l’intégration des coupes dans le paysage) ;

Ø      Se préoccuper des autres ressources (espèces menacées, habitats fauniques, écosystèmes forestiers exceptionnels) ;

Ø      Laisser une bande riveraine (bande de végétation près des cours d’eau) de 10 à 15 mètres à partir du bord de l’eau pour freiner l’apport de particules de sol (sédiments), pour filtrer les polluants, pour rafraîchir l’eau par l’ombrage et pour favoriser la présence de la faune ;

   ØConserver un écran visuel aux abords des routes.

          ØSe conformer aux lois et règlements en vigueur en s’informant à 
              sa municipalité.

    

Liens :

 

L’effet de la coupe forestière sur la faune

 

Le caribou forestier

 

L’état des forêts au Canada

 

L’aménagement forestier au Québec

 

La gestion des forêts au Québec  

 

Le comité du patrimoine paysager estrien

 

Le syndicat des producteurs de bois de l’Estrie

 

 

Sources des informations :

 

 

-       Fédération des producteurs de bois du Québec, Guide terrain Saines pratiques d’intervention en forêt privée, Nouvelle édition.

      -  Agence de mise en valeur de la forêt privée de  
          l’Estrie,   L’amélioration du boisé lors des coupes.