Pour un grand nombre de riverains, le choix de vivre au bord d’un lac ou d’un cours d’eau est grandement motivé par le besoin de tranquillité et de beauté des lieux. Fuyant le béton et l’air vicié des zones urbaines, les gens retrouvent en campagne des paysages naturels, une faune et une flore diversifiée et un calme inexistant en ville. 

Cependant, force est de constater que les gens endommagent eux-mêmes cet environnement en y transposant leurs habitudes urbaines. Cette insouciance, bien souvent involontaire, a pour conséquence de faire perdre aux riverains ce qu’ils venaient justement chercher en campagne: la beauté et le calme de la nature. 

Artificialisation des rives

Le terme artificialisation représente tout ce qui n’est pas naturel au bord d’un plan d’eau. Il s’agit de tout aménagement qui a été réalisé et est entretenu par l’être humain. Ainsi, une rive artificielle est une rive dont les éléments naturels ont été remplacés par des murs de soutènement, des enrochements, du gazon ou de l’horticulture ornementale. 

Les éléments contribuant à dégrader le caractère naturel de la rive et qui peuvent être considérés comme artificialisant sont nombreux: 

  • le remplacement des végétaux de la bande riveraine par du gazon
  • l’enrochement, le mur de béton, le mur de bois et le gabion pour soutenir la berge
  • le quai et l’abri à bateau
  • le remblai
  • le débarcadère
  • le bâtiment
  • le chemin de gravier ou d’asphalte
  • le sol mis à nu
  • la piscine
  • le patio

 

Muret de pierres

Aires gazonnées

Gabion

La problématique 

Le problème est majeur lorsque l’on retrouve des matériaux inertes en bordure d’un plan d’eau. Ces éléments artificiels contribuent à dégrader la qualité du plan d’eau par plusieurs mécanismes. Par ailleurs, une rive artificielle ne bénéficiera pas des bénéfices d’une bande riveraine proprement végétalisée! 

Désavantages d’une rive aménagée artificiellement 

  • Érosion
  • Aucune filtration des polluants
  • Réchauffement de l’eau par les pierres, diminution de l’oxygène et disparition de poissons
  • Envasement (sédimentation)
  • Prolifération d’algues et de plantes aquatiques
  • Diminution de la transparence de l’eau

Avantages d’une rive végétalisée

  • Stabilisation de la rive par de nombreuses racines
  • Filtration des polluants par les racines
  • Création d’ombre
  • Prévention de l’envasement
  • Réduction des algues et des plantes aquatiques
  • Conservation d’une eau claire et fraîche, bénéfique aux poissons

Ainsi, la présence d’éléments artificiels et le manque de végétation contribuent à accélérer le processus irréversible de vieillissement (eutrophisation) prématuré d’un plan d’eau. Dégradation de la qualité de l’eau, prolifération des végétaux aquatiques, diminution de la biodiversité… Les conséquences d’une telle eutrophisation sont nombreuses. 

Pour en apprendre plus sur l’eutrophisation, consultez notre fiche à cet effet!

Renaturalisation des rives 

Situation 

Depuis les 50 dernières années, les rives des lacs et des cours d’eau ont subi des transformations inquiétantes de leurs caractéristiques naturelles. Selon des études menées par le RAPPEL en 1998-1999, plus de 59 % des rives habitées étaient considérées comme étant artificielles et les plans d’eau prenaient en charge une concentration massive de phosphore. Ces observations alarmantes ont amené le RAPPEL à réaliser le guide Rives et nature, qui se veut un outil pratique toujours d’actualité afin d’aménager les rives d’une manière respectueuse de l’environnement.

Pour un terrain respectueux de l’environnement  

  • Conserver 50 à 60 % du couvert végétal naturel. 
  • Conserver une bande riveraine de 10 à 15 mètres. 
  • Aménager les voies de circulation en biais de façon à prévenir l’érosion et conserver le cachet naturel de la rive. 
  • Créer, si nécessaire, une ouverture d’un maximum de 5 m de largeur dans la bande riveraine pour accéder au lac. 

 

Choix des espèces

Une bande riveraine idéale devrait être constituée des trois strates de végétation, soit arborescente, arbustive et herbacée. Pour la renaturalisation d’une berge, il est primordial de planter des espèces indigènes au Québec qui sont adaptées aux conditions du milieu. Il faut donc prendre en compte les caractéristiques de la berge à restaurer pour choisir les espèces propices. La latitude, l’ensoleillement, la granulométrie du sol, la position de la ligne des hautes eaux et des basses eaux et le taux d’humidité du sol sont des paramètres importants à considérerUne manière très efficace pour choisir les bonnes espèces à planter est d’observer les espèces déjà présentes sur le site et sur les berges naturelles des alentours. 

Consultez notre fiche informative pour découvrir les espèces végétales qui sont adaptées au milieu riverain.

Planification des travaux  

Avant d’entreprendre des travaux de renaturalisation, une bonne planification s’avère nécessaire. Il est important de faire un plan d’aménagement. Voici quelques conseils pratiques sur les précautions à prendre avant, pendant et après la plantation : 

Avant la plantation 

À la réception des plants, il est important de préserver l’humidité des racines en les plaçant dans un endroit frais, à l’abri du soleil et du vent, jusqu’à la mise en terre. Les plants peuvent s’assécher en moins de quelques minutes! 

Pendant la plantation 

Lors de la plantation, il est essentiel de respecter certaines règles : 

  • Effectuer la plantation au printemps jusqu’à la mi-juin, ou à l’automne dès la fin août
  • Planter vos plants à la fraîcheur, c’est-à-dire tôt le matin ou en fin de journée, pour éviter leur dessèchement
  • Privilégier un accès de biais vers le plan d’eau, pour éviter la perte de sol par ruissellement
  • Ne pas utiliser de fertilisant
  • Disposer vos plants en quinconce : selon une disposition par cinq (quatre plants aux quatre angles d’un carré, d’un losange ou d’un rectangle et un cinquième au milieu)

Après la plantation 

Après la plantation, un entretien simple et efficace facilitera l’enracinement et la croissance des plants : 

  • Tout au long de l’été, arroser généreusement les plants, en matinée ou en soirée; 
  • Au printemps, vérifier si les plants doivent être rechaussés; 
  • Au printemps ou à l’automne, couper la tête des plants (1/3) afin de renforcer leur base. 

Méthode de calcul rapide pour estimer le nombre de plants nécessaires

Si l’on tient compte du principe selon lequel on plante un arbuste au 0,5 m, on peut dire que : 

0,5 m de largeur = 2 rangées de plants
1 m de largeur = 3 rangées de plants
1,5 m de largeur = 4 rangées de plants 

Selon cet estimé, voici le nombre de plants nécessaires pour renaturaliser une rive qui possède ces dimensions: 

Largeur du terrain = 50 m, longueur de l’accès au plan d’eau = 5 m, espace à renaturaliser = 45 m 

Dans une rangée, il faut donc planter : 

1 plant au 0,5 m = 90 plants 
Nombre de plants nécessaires = 90 plants x 4 rangées = 360 plants

* Il est important de noter que l’espace à respecter entre les arbustes dépend des espèces.
* 1 m = 3,28 pieds

Techniques de renaturalisation

La renaturalisation d’une rive impose des contraintes spécifiques: sol nu, exposition aux vagues, enrochement, muret artificiels, pente abrupte… Heureusement, Il existe diverses techniques pour renaturaliser votre terrain au bord de l’eau.

L’information présentés dans cette fiche est complémentaire à notre guide Rives et nature. Commandez votre copie papier gratuite!

Vous souhaitez en apprendre plus sur la bande riveraine, l’impact des aménagements riverains et les espèces adaptées à la rive?
Consultez nos différentes fiches informatives:

Vous avez besoin d’aide pour renaturaliser votre rive? Nous pouvons vous prêter main forte!