Les plantes aquatiques sont des végétaux de grande dimension (visibles à l’œil nu), qui possèdent des feuilles, une tige, des racines et de véritables vaisseaux. Les plantes aquatiques sont généralement enracinées dans les sédiments de la zone littorale des plans d’eau. Il ne faut pas confondre les plantes aquatiques avec les algues ! Celles-ci sont dépourvues de véritables feuilles, tiges et racines.

Les rôles des plantes aquatiques

Les plantes aquatiques sont essentielles à la santé de l’écosystème aquatique. Il est donc tout à fait normal, et même nécessaire, d’avoir des plantes aquatiques dans son lac ! Elles y jouent plusieurs rôles :

  • Filtrer les particules en suspension.
  • Capturer des éléments nutritifs présents dans les sédiments.
  • Stabiliser les sédiments du littoral.
  • Prévenir et réduire l’érosion des rives.
  • Fournir un habitat et de la nourriture pour différentes espèces fauniques.

    Cependant, comme pour la santé humaine, tout est question de quantité et de qualité…

     

     

    Les plantes aquatiques et l’eutrophisation

    Une forte densité de certaines plantes aquatiques révèle des apports excessifs en nutriments qui eutrophisent prématurément le lac. Différentes activités dans le bassin versant contribuent à cette dégradation, notamment les épandages d’engrais et de fumier à proximité du plan d’eau, les rejets des installations septiques domestiques, commerciales ou municipales non conformes, l’artificialisation des rives, l’érosion des sols, ainsi que les coupes forestières excessives.

    Les plantes ne sont pas le problème, mais plutôt un symptôme qui indique un problème potentiel !
    Elles sont en effet reconnues comme de bons indicateurs biologiques de la qualité de l’eau.

    Pour en apprendre plus sur le processus d’eutrophisation des plans d’eau, consultez notre article de vulgarisation à cet effet.

    Combiner l’étude des plantes aquatiques aux analyses de qualité de l’eau

    L’analyse de la qualité de l’eau implique l’échantillonnage et la mesure de la transparence dans la zone profonde d’un lac. Puisque plusieurs facteurs peuvent influencer ces mesures (climat, manipulation, etc.), celles-ci doivent être répétées dans le temps. Après plusieurs années, elles peuvent servir de bases afin d’évaluer l’état de santé général d’un lac et de déterminer son statut trophique.

    Les plantes aquatiques, quant à elles, réagissent beaucoup plus rapidement aux apports en phosphore en provenance du bassin versant. Elles agissent comme une zone tampon, qui absorbe les nutriments avant qu’ils ne soient dilués dans la masse d’eau. Il a d’ailleurs été démontré que le nombre d’habitations dans l’unité de drainage est directement relié à la quantité de plantes aquatiques submergées dans les lacs de villégiature (Denis-Blanchard, 2015).

    C’est pourquoi l’étude des plantes aquatiques et le suivi de leur recouvrement dans les plans d’eau sont essentiels afin de préciser le diagnostic de l’état de santé d’un lac, basé sur l’analyse de la qualité de l’eau.

    Le RAPPEL peut vous aider à dresser le portrait de la communauté de plantes aquatiques d’un lac ou d’un cours d’eau en effectuant des inventaires de plantes aquatiques! Consultez nos services pour plus de renseignements.

    Indigène ou exotique envahissante ?

    En plus d’être regroupées par type de croissance, les plantes aquatiques sont également classifiées selon leur statut indigène ou exotique. Reconnaître et comprendre la nature des plantes aquatiques est important : les espèces indigènes et les espèces exotiques envahissantes n’ont pas le même impact sur un plan d’eau.

    Bien que les apports de sédiments et de nutriments favorisent la multiplication de toutes les espèces, certaines sont considérées comme envahissantes, car elles peuvent :

      • se reproduire rapidement ;
      • étendre facilement leur distribution ;
      • déloger les autres espèces ;
      • envahir le milieu.
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    Plantes indigènes à caractère envahissant

    Ces plantes sont originaires d’Amérique du Nord et ne sont donc pas exotiques. Leur présence dans les plans d’eau est normale. L’envahissement d’un plan d’eau par une plante aquatique indigène est lié à des problématiques spécifiques au plan d’eau en question et à son bassin versant.

    Exemples au Québec :

    • Potamot à larges feuilles
    • Élodée du Canada

    Plantes exotiques envahissantes

    Ces plantes ne sont pas originaires d’Amérique du Nord. Leur présence dans les plans d’eau n’est pas normale. Il est important de signaler leur présence au MELCCFP.

    Exemples au Québec :

    • Myriophylle à épis
    • Potamot crispé
    • Petite naïade

    Pour plus d’informations sur les principaux points différenciant les espèces exotiques envahissantes des espèces indigènes, référez-vous à notre fiche informative sur le sujet.

    Questions fréquentes

    Comment éviter la prolifération des plantes aquatiques dans mon plan d’eau ?

    Tout comme les plantes terrestres, les plantes aquatiques requièrent un sol fertile pour se développer. La stratégie à adopter consiste donc à éviter de leur fournir un tel sol :

    • en réduisant les apports en sédiments fins (contrôle de l’érosion des rives et des tributaires) ;
    • en réduisant les apports en nutriments (phosphore et azote).

    Pourquoi ne faut-il pas arracher les plantes aquatiques ?

    Il est non seulement inutile, mais également néfaste pour l’écosystème d’arracher les plantes aquatiques ! En fait, cette action entraîne plusieurs conséquences:

    • N’empêche pas une future repousse.
    • Provoque une croissance accrue des algues.
    • Facilite la dispersion des espèces envahissantes.
    • Perturbe l’habitat aquatique.
    • Ne règle pas le problème à la source !

    En effet, les plantes aquatiques et les algues sont en compétition pour la lumière et pour les éléments nutritifs. Lorsqu’on arrache les plantes aquatiques, les algues, n’ayant plus de compétiteurs, prolifèrent massivement.

    De plus, certaines espèces de plantes aquatiques ont la possibilité de se reproduire par fragmentation végétative. Or, lorsque l’on arrache les plantes, on génère une grande quantité de petits fragments de plantes qui pourront être emportés par les courants et former de nouveaux individus.

    Les espèces de plantes aquatiques

    Les plantes aquatiques peuvent être classées en trois groupes en fonction de leur type de croissance :

    Émergées :

    Enracinées aux sédiments, la majorité de leurs feuilles ou de leur tige sont dressées à l’extérieur de l’eau. Elles se retrouvent plus fréquemment dans les zones moins profondes des lacs.

    À feuilles flottantes :

    Enracinées dans les sédiments ou flottant librement à la surface, la majorité de leurs feuilles sont flottantes.

    Submergées :

    Enracinées dans les sédiments, la majorité de leurs feuilles sont immergées dans l’eau. Elles peuvent se retrouver dans les parties plus profondes de la zone littorale. Certaines peuvent ainsi mesurer plus de 6 m de haut !

    Types de plantes aquatiques

    Schéma : Classification des plantes aquatiques selon leur mode de croissance

    L’identification de plantes aquatiques peut s’avérer fort complexe pour les non-initiés. En effet, plusieurs termes techniques sont souvent nécessaires pour différencier les nombreuses espèces colonisant les lacs et rivières du Québec.

    Pour cette raison, nous avons préparé un petit guide illustré concernant des espèces communes au Québec : 5 plantes aquatiques à reconnaître.

    Description des principales espèces de plantes aquatiques inventoriées par le RAPPEL

    À noter :
    De par leur forme et leur taille, certaines algues peuvent ressembler à des plantes aquatiques. C’est le cas notamment des algues Chara sp. et Nitella sp.

    Genre

    ALISMA

    Alisma commune

    Alisma graminoïde

    Description et principales espèces

    Trois représentantes du genre Alisma se retrouvent au Québec (Canadensys, 2020). Les nervures sur les feuilles sont parallèles et les fleurs se rassemblent en panicule composée (Marie-Victorin, 2002).

    L’alisma commune (Alisma triviale) est une plante aquatique dressée pouvant atteindre une hauteur de 100 cm. Cette espèce se distingue par ses feuilles émergées avec de longues tiges (Lapointe, 2014).

    L’alisma subcordé (Alisma subcordatum) est une plante peu commune au Québec (Marie-Victorin, 2002).

    L’alisma graminoïde (Alisma gramineum), quant à elle, présente une forme émergée et submergée. Les feuilles de la forme submergée sont linéaires, flasques et regroupées en une rosette. Ses fleurs peuvent être visibles hors de l’eau. La forme émergée, quant à elle, produit des feuilles en forme de lances (lancéolées) avec de longues tiges.

    BIDENS

    Bident de Beck

    Bident de Beck

    Une seule espèce de ce genre est franchement aquatique (Marie-Victorin, 2002). Le bident de Beck (Bidens beckii) se retrouve principalement dans les marais et dans les lacs et rivières riches en éléments nutritifs. Il croît en petites colonies ou de manière solitaire sur un fond vaseux, dans des profondeurs variant d’un à trois mètres. Les feuilles sont sessiles (ne sont pas portées par une tige) et sont découpées en segments en forme de fils très fins (Marie-Victorin, 2002). On distingue aisément le bident lorsque ses feuilles émergées triangulaires, cireuses et charnues au toucher sont présentes. Ses très rares petites fleurs jaunes rappellent la marguerite et dégagent un parfum fruité (Fleurbec, 1987).

    Peut être confondu avec :Utricularia sp., Myriophyllum sp., Ceratophyllum sp.

    BRASENIA

    Brasénie de Schreber

    Brasénie de Schreber

    La brasénie de Schreber (Brasenia schreberi) est la seule espèce de son genre au Canada (Canadensys, 2020). La brasénie de Schreber est une plante aquatique à feuilles flottantes qui croît en colonies denses et étendues (Lapointe, 2014). On la distingue facilement par ses feuilles entières en forme d’ellipse, attachées en leur centre par la tige. Le dessous de la feuille est pourpre et est recouvert d’un e épaisse substance gélatineuse et gluante, qui enveloppe également ses parties submergées (Native Plant Trust, 2020). Elle possède quelques petites fleurs beige rosé qui se dressent hors de l’eau (Michigan Flora Online, 2020). La brasénie s’enracine dans les sédiments vaseux des secteurs tranquilles et abrités. Elle pousse dans un ou deux mètres d’eau, tant dans les lacs oligotrophes qu’eutrophes (Fleurbec, 1987).

    Peut être confondu avec : Nuphar sp., Nymphaea sp., Potamogeton sp.

    CALLITRICHE

    Callitriche hétérophylle

    Callitriche hétérophylle

    Les plantes du genre Callitriche sont généralement petites et se distinguent par leurs feuilles entières et opposées (Marie-Victorin, 2002). Leurs fleurs peuvent être pollinisées de plusieurs façons :

      • par le vent (stratégie de reproduction appelée anémophilie) ;
      • par l’eau (hydrophilie) ;
      • par des fleurs flottantes (épihydrophilie) ;
      • par des fleurs submergées (hypohydrophilie) (Native Plant Trust, 2020).

    Quatre espèces de callitriche sont présentes sur le territoire québécois (Canadensys, 2020). Pour différencier ces espèces, il est nécessaire d’observer un fruit mature (Fassett, 1957).

    La callitriche hermaphrodite (Callitriche hermaphroditica) est la seule espèce qui se distingue raisonnablement sous sa forme stérile. Contrairement aux autres, toutes ses feuilles sont submergées, linéaires et de couleur vert foncé (Michigan Flora Online, 2020).

    La callitriche hétérophylle (Callitriche heterophylla), la callitriche des marais (Callitriche palustris) et la callitriche des eaux stagnantes (Callitriche stagnalis) possèdent des feuilles de couleur vert pâle et dimorphes, c’est-à-dire qu’elles ont deux formes de feuilles. Celles qui sont submergées sont linéaires et celles qui flottent sont élargies, d’une forme variant entre oblancéolée et spatulée (Michigan Flora Online, 2020).

    Peut être confondu avec : Elodea sp.

    CERATOPHYLLUM

    Cornifle nageante

    Cornifle nageante

    Cornifle nageante

    Les plantes aquatiques du genre Ceratophyllum sont dépourvues de racines et flottent librement dans l’eau. Elles peuvent toutefois être ancrées au substrat par des feuilles modifiées (Michigan Flora Online, 2020). Leurs feuilles ont une forme de fil, sont raides et sont munies de petites dents (Lapointe, 2014). Elles se divisent plusieurs fois de manière dichotomique (chaque segment se sépare en deux segments ) (Michigan Flora Online, 2020). Entre six et douze feuilles se rassemblent au même point (verticilles) en cercle autour de la tige (Marie-Victorin, 2002). Les espaces entre les feuilles varient en longueur et sont réduits aux extrémités de la plante, ce qui augmente la densité des feuilles (Michigan Flora Online, 2020). En plus de sa reproduction sexuée, la cornifle produit des hibernacles (bourgeons) qui se détachent à la fin de la saison de croissance et se développent, le printemps suivant, en un nouvel individu. Cette espèce colonise principalement les fonds vaseux des eaux stagnantes des étangs et des lacs tranquilles. On peut la retrouver jusqu’à huit mètres de profondeur, mais elle prise particulièrement les secteurs de deux à quatre mètres (Marie-Victorin, 2002). Deux espèces du genre Ceratophyllum sont présentes au Québec (Canadensys, 2020).

    Les feuilles de la cornifle nageante (Ceratophyllum demersum) fourchent une à deux fois et ses fruits portent deux épines basales.

    Les feuilles de la cornifle échinée (Ceratophyllum echinatum) fourchent trois ou quatre fois et ses achènes portent entre 4 et 15 épines (Native Plant Trust, 2020).

    Peut être confondu avec : Utricularia sp., Myriophyllum sp., Bidens sp.

    DULICHIUM

    Duliche roseau

    Le duliche roseau (Dulichium arundinaceum) peut être observé autant sur les rives des lacs et cours d’eau que dans les marais et tourbières du Québec. Cette plante vivace, d’un vert vif, est la seule de son genre au Canada. Elle peut mesurer de 20 à 100 cm de haut (Marie-Victorin, 2002). Ses feuilles, à disposition alterne, spiralent le long de la tige jusqu’au sommet, avec trois feuilles par cycle. En période de floraison, l’espèce forme des épis verts, appelés épillets, qui s’assèchent et brunissent lorsqu’arrivés à maturité.

    ELEOCHARIS

    Éléocharide des marais

    Éléocharide des marais

    Il y a 33 espèces du genre Eleocharis au Canada (Canadensys, 2020). Pour l’identification à l’espèce, des achènes (fruits) matures sont essentiels (Michigan Flora Online, 2020).

    L’éléocharide (Eleocharis sp.) se retrouve un peu partout au Québec. Elle se retrouve dans les marais, les lacs et les rivières, en eaux peu profondes (0,5 m) et préfère les substrats à particules fines (vaseux et sableux). L’éléocharide forme des colonies denses presque pures, mais se retrouve souvent en compagnie de la prêle fluviatile et du scirpe des étangs. Plante sans feuilles et à tige dressée et cylindrique, l’éléocharide porte une fructification brun pâle à son sommet et peut atteindre une hauteur de deux mètres.

    ELODEA

    Élodée du Canada

    Élodée du Canada

    L’Elodea est une plante aquatique submergée qui mesure généralement moins d’un mètre. On la reconnaît par ses nombreux verticilles de trois feuilles courtes (Marie-Victorin, 2002). On la retrouve dans les eaux tranquilles des lacs et des étangs, dans un à trois mètres d’eau. Elle peut pousser sur divers substrats, mais principalement sur la vase ou le sable (Fleurbec, 1987). Le genre Elodea est représenté par deux espèces au Canada (Canadensys, 2020).

    L’élodée du Canada (Elodea canadensis) est une espèce commune de nos régions et croît en colonies souvent très denses et étendues (Lapointe, 2014). Ses minuscules fleurs blanchâtres flottent à la surface de l’eau au bout d’un long pédoncule (qui est en fait une élongation du tube floral) (Michigan Flora Online, 2020). Cette espèce est considérée comme une espèce indigène à caractère envahissant.

    La seconde espèce est l’élodée de Nuttall (Elodea nuttallii). On la distingue de l’élodée du Canada par ses feuilles plus minces, plus pâles et pointues. Au Québec, cette espèce est connue avec certitude seulement dans la rivière Richelieu (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Callitriche sp., Najas sp.

    ERIOCAULON

    Ériocaulon aquatique

    Ériocaulon aquatique

    Le genre Eriocaulon se reconnaît par ses feuilles longuement triangulaires disposées en rosette à la surface du sol, formant de petites touffes (Crow & Hellquist, 2000b). Ses nombreuses et minuscules fleurs sont disposées au bout d’une longue hampe florale (Marie-Victorin, 2002). Ses racines sont nettement cloisonnées, c’est-à-dire que l’on peut voir clairement des petites sections de racines (Crow & Hellquist, 2000b). Deux espèces d’ériocaulon sont présentes sur le territoire québécois (Canadensys, 2020).

    L’ériocaulon aquatique (Eriocaulon aquaticum) est une plante aquatique commune au Québec. Cette espèce, haute de quelques centimètres, colonise essentiellement les eaux tranquilles et peu profondes (moins d’un mètre) des lacs et des rivières (Marie-Victorin, 2002). Il possède une longue tige nue sortant de l’eau et pouvant mesurer jusqu’à un mètre, sur laquelle sont regroupées de minuscules fleurs blanches. Cette structure donne l’impression qu’une broche à tricoter est piquée dans l’eau (Lapointe, 2014). Cette plante vit typiquement sur un substrat de gravier ou de sable dans les lacs oligotrophes (Fleurbec, 1987).

    L’ériocaulon de Parker (Eriocaulon parkeri) est une espèce rare des milieux côtiers (Crow & Hellquist, 2000b), répertoriée au Québec seulement sur les grèves estuariennes du Saint-Laurent (Marie-Victorin, 2002). Pour le distinguer de l’ériocaulon aquatique, on remarquera que la tige portant les fleurs est généralement courte (maximum de 20 cm), et que le regroupement de fleurs à son sommet est plutôt en forme de demi-sphère (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Isoetes sp., Sagittaria sp., Littorella sp., Lobelia dortmanna.

    HETERANTHERA

    Hétéranthère litigieuse

    L’hétéranthère litigieuse (Heteranthera dubia) est l’unique représentante de son genre au Canada (Canadensys, 2020). C’est une plante aquatique vivace dont les tiges et les feuilles sont longues et aplaties, comme d’étroits rubans souples. Elle produit des fleurs jaunes qui flottent à la surface de l’eau. On la retrouve dans les zones tranquilles des eaux mésotrophes ou eutrophes à une profondeur variant d’un à trois mètres (Fleurbec, 1987). Communes dans nos régions, elle croit préférentiellement dans les fonds vaseux des zones tranquilles des lacs, des étangs et des rivières tranquilles (Agriculture Canada, 2004).

    Peut être confondu avec : Potamogeton zosteriformis.

    ISOETES

    Isoète (Isoetes sp.)

    L’isoète est une plante aquatique submergée, commune dans notre région, qui mesure une vingtaine de centimètres. Ses feuilles linéaires se rassemblent en rosette à la surface du sol, lui conférant l’apparence d’une petite touffe d’herbe. On la reconnaît aussi à ses minuscules spores blanchâtres (femelles) ou brunâtres (mâles) à la base de chacune de ses feuilles (Crow & Hellquist, 2000a). Les isoètes habitent, de façon typique, les lacs oligotrophes et croissent sur divers substrats à des profondeurs variées (Lapointe, 2014). On recense neuf espèces d’isoètes au Québec (Canadensys, 2020). Elles se distinguent par la surface de leurs spores femelles (mégaspores) qui doit être regardée au microscope (Crow & Hellquist, 2000a).

    Peut être confondu avec : Eriocaulon sp., Sagittaria sp., Littorella sp., Lobelia dortmanna, Schoenoplectus subterminalis, Juncus pelocarpus.

    LOBELIA

    Lobélie de Dortmann

    Six espèces du genre Lobelia se retrouvent au Québec (Canadensys, 2020). Une seule de ces espèces est purement aquatique (Marie-Victorin, 2002), mais les autres se trouvent en milieu humide et peuvent donc se retrouver en bordure de berge (Native Plant Trust, 2020).

    La lobélie de Dortmann (Lobelia dortmanna) est une plante aquatique submergée fréquente dans tout le Québec (Marie-Victorin, 2002). Cette petite plante vit en colonies peu denses et généralement peu limitantes. Ses petites feuilles, charnues et cylindriques, croissent en rosette à la surface du sol, tandis que ses petites fleurs bleues émergent hors de l’eau au bout d’une tige (Lapointe, 2014). Elle croît sur les fonds de sable et parfois de gravier, essentiellement dans les zones ayant moins d’un mètre de profondeur. Les eaux claires et pauvres en matière organique constituent son habitat préféré (Fleurbec, 1987).

    Peut être confondu avec : Eriocaulon sp., Isoetes sp., Sagittaria sp., Littorella sp., Schoenoplectus subterminalis, Juncus pelocarpus.

    MYRIOPHYLLUM

    Myriophylle grêle

    Myriophylle à fleurs alternes

    Myriophylle à épis

    Huit espèces du genre Myriophyllum se trouvent sur le territoire québécois. Parmi elles, sept sont indigènes et une est exotique envahissante (Canadensys, 2020).

    Le myriophylle grêle (Myriophyllum tenellum) se distingue aisément par ses petites tiges blanchâtres et ses feuilles réduites en écailles.

    Peut être confondu avec : Isoetes sp.

    Les sept autres espèces portent des feuilles finement découpées ayant l’apparence d’une plume. Ces espèces se distinguent aisément lorsque fertiles, mais l’identification d’un Myriophyllum à l’état stérile s’avère être une tâche particulièrement ardue, puisque leurs feuilles présentent une grande variabilité dans leur taille et leur forme (Michigan Flora Online, 2020).

    Les feuilles du myriophylle menu (Myriophyllum humile) sont strictement alternes et son fruit est arrondi.

    Le myriophylle de Farwell (Myriophyllum farwellii) porte des feuilles alternes et en verticilles sur la même tige. On le distingue par ses fleurs et ses fruits qui se trouvent dans l’axe des feuilles submergées (Crow & Hellquist, 2000a).

     

    Les cinq espèces de Myriophyllum suivantes ont des feuilles disposées en verticilles.

    Le myriophylle à fleurs alternes (Myriophyllum alterniflorum) est un myriophylle de petite taille submergée qui forme de petits serpentins couvrant habituellement le fond des zones profondes et peu lumineuses des lacs et des rivières (Marie-Victorin, 2002). À la suite de nos observations, nous considérons cette plante peu limitante pour les activités humaines.

    Le myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum) et le myriophylle à feuilles variées (Myriophyllum heterophyllum) ont des entre-noeuds extrêmement courts ce qui leur donne une apparence buissonnante (Michigan Flora Online, 2020).

    Le myriophylle de Sibérie (Myriophyllum sibricum) est l’espèce de myriophylle la plus semblable au myriophylle à épis. Elle est cependant indigène. La principale différence réside dans le nombre de segments sur les feuilles qui est inférieur à 13. Il faut cependant faire preuve de prudence puisque des hybrides peuvent se former entre ces deux espèces (Michigan Flora Online, 2020).

    Le myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum) est la seule espèce de myriophylle du Québec classée comme espèce exotique envahissante. Elle est une grande plante aquatique submergée, très commune au Québec et au Vermont, qui croît en colonies souvent très denses (Fleurbec, 1987). Ce myriophylle ressemble à de longs serpentins munis de feuilles découpées finement comme des plumes et disposées en cercle autour des tiges. Le myriophylle à épis se différencie des autres par le nombre de segments sur ses feuilles qui est supérieur à 13 (Michigan Flora Online, 2020). Une fois enracinée dans le fond de l’eau, cette espèce pousse jusqu’à la surface où elle se ramifie abondamment créant ainsi des mattes denses. Ses petites fleurs, blanches ou rouges, et ses fruits brun foncé se réunissent en épi dressé à l’extérieur de l’eau (Lapointe, 2014). Cette espèce peut se reproduire d’une part en formant des graines et des bourgeons qui se détachent du plant et génèrent d’autres individus. D’autre part, de nouveaux individus peuvent se développer à partir des racines d’un plan (phénomène de drageonnement). De même que chaque fragment de la tige peut se détacher, s’enraciner et générer un autre spécimen (phénomène de bouturage). Le bouturage, son principal mode de multiplication, explique son potentiel élevé d’invasion. Le myriophylle à épi peut croître dans divers types de sédiments (gravier, sable, vase et débris végétaux) et à des profondeurs variant de quelques centimètres à plusieurs mètres d’eau (Fleurbec, 1987). De plus, cette plante supporte les niveaux les plus élevés d’eutrophisation. Par sa croissance rapide, dès les premiers jours du printemps, le myriophylle à épi crée de l’ombre pour les autres espèces de plantes submergées et limite ainsi leur croissance. Les herbiers de myriophylle sont reconnus pour atteindre une telle densité qu’ils tendent à déloger toutes les autres espèces (Environnement Canada, 2003).

    NAJAS

    Naïade flexible

    Petite naïade

    Le genre Najas comporte cinq espèces au Canada, dont une exotique envahissante (Canadensys, 2020). Les plantes du genre Najas sont des plantes de petite taille, avec des feuilles vert clair opposées, ayant les marges denticulées à dentées (Michigan Flora Online, 2020). Elles sont particulièrement difficiles (parfois impossible) à différencier morphologiquement. Elles sont considérées comme des espèces cryptiques, soit des espèces présentant une différenciation morphologique incomplète et une répartition géographique qui se chevauche. Ces espèces sont fréquemment regroupées sous un même nom (Les et al., 2015).

    La naïade flexible (Najas flexilis) est très commune dans les eaux douces de notre région (Marie-Victorin, 2002). On reconnaît cette espèce à sa tige qui se divise en deux et à son allure buissonnante densément garnie de petites feuilles triangulaires portant entre 18 et 100 petites épines molles (spinules) (Native Plant Trust, 2020). Najas canadensis ne se distingue morphologiquement de la naïade flexible que par l’épaisseur de ses graines.

    La naïade de Guadeloupe (Najas guadalupensis) se différencie de la naïade flexible par son fruit mat et ses feuilles plus minces, moins d’un millimètre. De plus, cette espèce est très rare au Québec et est uniquement répertoriée dans les eaux du Saint-Laurent (Marie-Victorin, 2002).

    La naïade grêle (Najas gracillima) se distingue des deux autres espèces par le nombre de spinules sur la marge des feuilles, soit entre 7 et 17 (Native Plant Trust, 2020).

    La petite naïade (Najas minor) est une espèce exotique envahissante. Elle est reconnaissable par la marge de ses feuilles dentelées, pouvant être vue à l’œil nu. La base carrée de sa tige est cachée par ses feuilles, mais peut être observée lorsque celles-ci sont arrachées. L’espèce est encore peu connue au Québec, n’étant répertoriée que dans une poignée de lacs. Les impacts de sa présence dans un plan d’eau sont également très peu documentés, fort probablement dû à sa nature peu dérangeante pour les activités nautiques. En effet, sa taille maximale ne dépasse pas les 120 cm. Cela dit, la friabilité de l’espèce augmente sa capacité de proliférer (Lavoie, 2022).

    Peut être confondu avec : Algues Chara sp. et Nitella sp.

    NUPHAR

    Nénuphar (Nuphar sp.)

    Les nénuphars sont des plantes aquatiques communes au Québec (Lapointe, 2014). On les reconnaît par leurs grandes feuilles flottantes en forme de cœur et leurs fleurs d’un jaune vif, parfois teintées de pourpre (Fleurbec, 1987 ; Marie-Victorin, 2002). Les nénuphars possèdent aussi des feuilles submergées disposées en rosette à la base du plant. On les voit dans les eaux tranquilles des lacs, des rivières et des tourbières (Lapointe, 2014). Trois espèces se trouvent sur le territoire québécois (Canadensys, 2020).

    Le petit nénuphar jaune (Nuphar microphylla) est l’espèce ayant la fleur la plus petite, soit moins de 20 mm de diamètre, et des feuilles ayant entre 7 et 10 cm de long (Marie-Victorin, 2002).

    Le grand nénuphar jaune (Nuphar variegata), comme son nom l’indique, est de plus grande taille. Ses fleurs ont un diamètre d’environ 45 mm et la longueur de ses feuilles varie entre 17 et 28 cm (Marie-Victorin, 2002), pouvant aller jusqu’à 40 cm (Crow & Hellquist, 2000a).

    Le nénuphar à disque rouge (Nuphar ×rubrodisca) est quant à lui un hybride des deux autres. Ses fleurs ont un diamètre se situant entre 25 et 35 mm et ses feuilles entre 7 et 20 cm de longueur (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Nymphaea odorata, Nymphaea leibergii.

    NYMPHAEA

    Nymphéa odorant

    Nymphéa odorant

    Les nymphéas sont des plantes aquatiques communes au Québec, et sont souvent confondues avec les nénuphars. Leurs feuilles flottantes ont une large fente en forme de « V » et sont épaisses et cireuses (Lapointe, 2014). Parmi ces feuilles, flottent leurs énormes fleurs blanches ou roses au centre jaune (Fleurbec, 1987). Deux espèces du genre Nymphaea se trouvent au Québec (Canadensys, 2020).

    Le nymphéa odorant (Nymphaea odorata) a des feuilles rondes d’une largeur minimale de 5 cm, mais pouvant atteindre 40 cm. Ses fleurs ont un diamètre variant entre 6 et 19 cm (Crow & Hellquist, 2000a). Ce nymphéa se divise en deux sous-espèces. La première porte le même nom commun, soit le nymphéa odorant (Nymphaea odorata subsp. odorata). Elle se distingue par son odeur et le dessous de ses feuilles rouge vin. Le dessous des feuilles vert permet d’identifier la seconde sous-espèce, le nymphéa tubéreux (Nymphaea odorata subsp. tuberosa) (Crow & Hellquist, 2000a).

    Le nymphéa de Leiberg (Nymphaea leibergii) se distingue des deux sous-espèces mentionnées précédemment par la forme elliptique de ses feuilles (Native Plant Trust, 2020). Cette espèce est également de plus petit format. Ses feuilles sont d’une largeur entre 2 et 15 cm et ses fleurs peuvent atteindre un diamètre de 7,5 cm (Crow & Hellquist, 2000a).

    Peut être confondu avec : Nuphar microphylla, Nuphar variegata, Nuphar ×rubrodisca.

    PONTEDERIA

    Pontédérie cordée

    La pontédérie cordée (Pontederia cordata) est l’unique représentante de son genre au Canada (Canadensys, 2020). Cette plante aquatique émergée porte des fleurs violettes en épis denses. Ses feuilles sont dressées et sont caractérisées par des nervures parallèles et deux lobes basaux (Lapointe, 2014). La pontédérie cordée est présente dans l’ouest et le centre du Québec et croît en colonies, parfois très denses, dans les zones peu profondes des lacs et des milieux humides (Marie-Victorin, 2002). Elle apprécie particulièrement les sédiments vaseux et riches en matière organique (Lapointe, 2014).

    Peut être confondu avec : Calla palustris, Caltha palustris, Sagittaria latifolia, Alisma triviale.

    POTAMOGETON

    Potamot crépu

    Potamot crispé

    Potamot de Richardson

    Potamot à grandes feuilles

    Potamot graminoïde

    Potamot de Robbins

    Potamot émergé

    Potamot flottant

    Potamot spirillé (Potamogeton spirillus)

    L’identification des espèces du genre Potamogeton est notoirement difficile. Les structures minuscules et variables au sein d’une même espèce compliquent, et rendent parfois impossible, l’identification des individus à l’état stérile (Fassett, 1957). De plus, les espèces ont la particularité de former des hybrides (Crow & Hellquist, 2000b). Ce groupe comprend 25 espèces au Québec (Canadensys, 2020), dont une espèce exotique envahissante. Il est possible de les regrouper en quatre grandes catégories, selon la forme des feuilles.

     

    1. Les potamots dont la base des feuilles est embrassante et dont la feuille est non linéaire

    Le potamot crispé (Potamogeton crispus) s’identifie facilement par ses feuilles raides, denticulées et ondulées comme des lasagnes (Lapointe, 2014). C’est une espèce exotique envahissante au Québec (Canadensys, 2020).

    Peut être confondu avec : Potamogeton praelongus.

    Les feuilles du potamot à longs pédoncules (Potamogeton praelongus) sont peu embrassantes et mesurent entre 5 et 25 cm. Ses stipules persistent tout au long de la saison de croissance et sont bien visibles (Crow & Hellquist, 2000b). Cette espèce se distingue par ses feuilles ayant un sommet en forme de cuillère (Marie-Victorin, 2002).

    Les feuilles du potamot de Richardson (Potamogeton richardsonii) sont ovées-lancéolées (rondes et en forme de lances) et mesurent entre 3 et 10 cm de long. On le reconnaît par ses stipules coriaces qui se désintègrent en fibre au fil de la saison de croissance (Crow & Hellquist, 2000b).

    Le potamot perfolié (Potamogeton perfoliatus) a des feuilles ovées à circulaires qui mesurent entre 1 et 6 cm. Ses stipules se désintègrent et sont absentes de la partie basse de la tige (Crow & Hellquist, 2000b).

    À noter que les caractéristiques morphologiques du potamot à longs pédoncules, du potamot de Richardson et du potamot perfolié se chevauchent à plusieurs égards. Leur différenciation s’avère donc parfois difficile.

    Peut être confondu avec : Potamogeton praelongus, Potamogeton richardsonii, Potamogeton perfoliatus, Potamogeton amplifolius.

    1. Les potamots dont la base des feuilles est non embrassante et dont la feuille est non linéaire

    On distingue le potamot à grandes feuilles (Potamogeton amplifolius) grâce à ses grandes feuilles submergées rougeâtres et courbées portant entre 30 et 40 nervures (Marie-Victorin, 2002). Ses feuilles flottantes ovales et ses épis dressés qui tapissent l’eau se voient fréquemment dans les plans d’eau du Québec (Lapointe, 2014).

    Peut être confondu avec : Potamogeton alpinus, Potamogeton praelongus, Potamogeton illinoensis.

    Le potamot alpin (Potamogeton alpinus) produit de plus petites feuilles submergées qui ne comptent que 7 veines. De plus, les feuilles vont rougir en séchant (Crow & Hellquist, 2000b).

    Peut être confondu avec : Potamogeton amplifolius, Potamogeton praelongus, Potamogeton illinoensis.

    L’identification du potamot graminoïde (Potamogeton gramineus) peut s’avérer difficile. Ce potamot indigène compte plusieurs variétés et hybrides qui sont reliés par des formes intermédiaires (Marie-Victorin, 2002). Il est reconnaissable grâce à ses feuilles submergées attachées directement à la tige, brunâtres, translucides et en forme de lances (Lapointe, 2014).

    Peut être confondu avec : Potamogeton epihydrus, Potamogeton pusillus.

    Le potamot de l’Illinois (Potamogeton illinoensis) se distingue du potamot graminoïde par la présence de pétioles (entre 1 et 4 cm) sur les feuilles supérieures submergées (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Potamogeton alpinus, Potamogeton praelongus, Potamogeton amplifolius.

    Le potamot noueux (Potamogeton nodosus) se distingue du potamot de l’Illinois par la longueur des pétioles des feuilles supérieures submergées atteignant en moyenne entre 8 et 15 cm (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Potamogeton illinoensis, Potamogeton natans.

    1. Les potamots ayant des feuilles linéaires d’une largeur supérieure à 5 mm

    Les denses colonies du potamot de Robbins (Potamogeton robbinsii) couvrent le sol de bon nombre de nos lacs (Marie-Victorin, 2002). Ses feuilles raides, de couleur vert foncé ou rougeâtre, sont disposées sur deux rangs de part et d’autre de la tige, ce qui lui donne l’apparence d’une plume (Lapointe, 2014). Cette espèce de potamot ne produit pas de feuilles flottantes. Ce sont les stipules, qui permettent de confirmer sans aucun doute l’identification du potamot de Robbins (Crow & Hellquist, 2000b).

    Peut être confondu avec : Potamogeton epihydrus.

    Également disposées sur deux rangs, les feuilles submergées du potamot émergé (Potamogeton epihydrus) sont longues et portent une bande centrale plus claire. Cette espèce se différencie du potamot de Robbins par ses stipules qui ne sont pas soudées à la tige de la feuille (pétiole), et par la présence de feuilles flottantes elliptiques.

    Peut être confondu avec : Potamogeton robbinsii, Potamogeton natans, Potamogeton gramineus.

    Le potamot zostériforme (Potamogeton zosteriformis) est caractérisé par sa la nervure centrale ainsi que la pointe aiguë.

    Peut être confondu avec : Heteranthera dubia, Sparganium sp.

    1. Les potamots ayant des feuilles linéaires d’une largeur inférieure à 4 mm

    Le potamot flottant (Potamogeton natans) est un des seuls de cette catégorie qui se distingue clairement puisqu’il est de grande taille et possède des feuilles flottantes coriaces et elliptiques. Ses feuilles immergées linéaires et translucides sont très longues. Il s’adapte autant aux eaux tranquilles des lacs, qu’aux eaux courantes des ruisseaux et des rivières. De plus, il supporte différentes qualités et profondeurs d’eau (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Potamogeton epihydrus.

    Les autres espèces de cette catégorie (Potamogeton pusillus, Potamogeton foliosus, Potamogeton spirillus, Potamogeton vaseyi, Potamogeton oakesianus, Potamogeton berchtoldii, Potamogeton confervoides, Potamogeton friesii, Potamogeton obtusifolius, Potamogeton strictifolius, Potamogeton subsibricus) sont si similaires et si variables qu’il est parfois impossible de les distinguer à l’œil nu. De façon générale, on les reconnaît à leurs feuilles submergées petites et linéaires ainsi qu’à leur tige plusieurs fois divisée (Marie-Victorin, 2002). Pour une identification confiante, il sera nécessaire d’avoir un individu portant des fruits matures qu’il faudra regarder à la loupe binoculaire.

    Peut être confondu avec : Calla palustris, Caltha palustris, Sagittaria latifolia, Alisma triviale, Stuckenia sp., Schoenoplectus subterminalis.

    SPARGANIUM

    Rubanier (Sparganium sp.)

    Neuf espèces de rubaniers peuvent être observées dans les lacs, cours d’eau et milieux humides du Québec (Canadensys, 2023). De ceux-ci, certains sont de type flottant, tandis que d’autres sont principalement émergés. Cela dit, tous les rubaniers ont des feuilles composées de tissus aérifères (qui comportent des espaces libres contenant de l’air), leur permettant de flotter et de supporter de forts courants (Marie-Victorin, 2002). Ils s’enracinent généralement dans des eaux peu profondes de moins de deux mètres (Fleurbec, 1987).

    Les rubaniers à feuilles majoritairement flottantes, soit le rubanier à feuilles étroites (Sparganium angustifolium), le rubanier flottant (Sparganium fluctuans) et le rubanier d’Amérique (Sparganium americanum) peuvent former des colonies denses et étendues. Ceci peut être modérément limitant pour les activités aquatiques. Ces rubaniers possèdent de longues feuilles rubanées, un à deux mètres de long, qui flottent sur l’eau. On les reconnaît aussi à leurs fruits en forme d’œuf épineux qui se dressent hors de l’eau.

    Les six autres espèces, soit le rubanier rameux (Sarganium androcladum), le rubanier à fruits verts (Sparganium emersum), le rubanier à gros fruits (Sparganium eurycarpum), le rubanier hyperboréal (Sparganium hyperboreum), le rubanier acaule (Sparganium acaule), et le rubanier nain (Sparganium natans) sont plus souvent dressées hors de l’eau.

    À noter qu’il est souvent impossible de confirmer l’identification d’un rubanier si celui-ci ne possède pas de fruits pouvant être disséqués. C’est par ce biais que plusieurs d’entre eux peuvent être différenciés, étant donné qu’ils partagent des caractéristiques morphologiques semblables.

    Peut être confondu avec : Typha sp., Potamogeton zosteriformis, Heteranthera dubia.

    SAGITTARIA

    Sagittaire à larges feuilles

    Sagittaire cunéaire

    Sagittaire graminoïde

    La sagittaire à larges feuilles (Sagittaria latifolia) se distingue par ses feuilles en forme de flèche qui émergent de l’eau. De largeur et de forme très variables, les feuilles sont bien dressées en dehors de l’eau. Ses fleurs blanches sont regroupées en verticilles de trois et forment une grande tige (hampe) florale (Marie-Victorin, 2002).

    La sagittaire cunéaire (Sagittaria cuneata) est une espèce qui produit généralement des feuilles flottantes. Ces dernières sont de formes et de tailles variables. Les fleurs blanches se rassemblent sur une hampe florale qui se dresse hors de l’eau (Marie-Victorin, 2002).

    La sagittaire graminoïde (Sagittaria graminea) est une plante aquatique submergée mesurant une dizaine de centimètres retrouvée fréquemment dans nos lacs. Cette espèce de sagittaire est constituée d’une rosette de feuilles submergées triangulaires et recourbées comme les feuilles d’un ananas. Elle croît en eau peu profonde, essentiellement à moins de 50 cm, quoiqu’on la retrouve parfois à de plus grandes profondeurs. Elle supporte d’ailleurs bien les fluctuations du niveau de l’eau. Elle s’installe principalement sur les substrats sablonneux et parfois vaseux où elle peut former de vastes colonies. Cette plante s’adapte à différentes qualités d’eau, mais semble priser surtout les eaux oligotrophes (Fleurbec, 1987).

    Peut être confondu avec : Lobelia dortmanna, Eriocaulon sp., Isoetes sp., Pontederia cordata.

    TYPHA

    Quenouille (Typha sp.)

    La quenouille (Typha sp.) est une plante bien connue des milieux humides. Ses grands épis bruns, sa tige jaunâtre creuse et ses longues feuilles rubanées verticales la rendent facilement identifiable.

    Deux espèces ainsi qu’un hybride sont présents au Québec, Typha latifolia, Typha angustifolia et Typha ×glauca (Canadensys, 2020).

    UTRICULARIA

    Utriculaire (Utricularia sp.)

    Dans les lacs, les étangs et les tourbières du Québec vivent différentes espèces d’utriculaires toutes difficiles à différencier les unes des autres. Il s’agit de plantes aquatiques submergées carnivores qui, grâce à leurs innombrables et minuscules trappes (utricules) situées sur les feuilles, capturent et digèrent de petits crustacés et des larves de maringouins. Les utriculaires ressemblent à des serpentins munis de feuilles très découpées. Elles possèdent de petites fleurs jaune ou mauve qui émergent de l’eau. N’étant pas enracinées, les utriculaires flottent entre deux eaux (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Bidens sp., Myriophyllum sp., Ceratophyllum sp.

    VALLISNERIA

    Vallisnérie américaine

    La vallisnérie américaine (Vallisneria americana) est la seule espèce de son genre au Québec (Canadensys, 2020). C’est une plante aquatique submergée des plus fréquentes dans nos régions. On la différencie facilement par ses longues feuilles en forme de rubans souples qui croissent à la base du plant et qui peuvent atteindre un mètre et demi de longueur. Ses petites fleurs femelles, qui flottent à la surface de l’eau à l’extrémité d’une tige tordue en tire-bouchon, lui sont spécifiques. La vallisnérie américaine peut s’enraciner dans divers substrats (vase, sable, gravier) à des profondeurs variables et parfois jusqu’à cinq ou six mètres (Marie-Victorin, 2002).

    Peut être confondu avec : Alisma sp., Sagittaria sp.

    Ressources supplémentaires

    Vous souhaitez en apprendre davantage sur l’eutrophisation? Consultez notre fiche informative!

    Les plantes aquatiques ne sont pas des algues! Pour apprendre plus sur les algues et cyanobactéries, consultez notre fiche informative.

    Apprenez à identifier des espèces communes du Québec  grâce à notre article illustré : 5 plantes aquatiques à reconnaître

    Notre biologiste experte en limnologie explique les rôles des plantes aquatiques et les facteurs qui influencent leur prolifération dans la conférence La nature des plantes aquatiques, aussi disponible en webinaire préenregistré.

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    Références

    Agriculture et agroalimentaire Canada (2004). Zostéracées – pondweed family [En ligne : http://res2.agr.ca/ecorc/weeds_herbes/fam07_f.htm]

    Blais, S. (2008). Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries. Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières. 3e édition. Direction de suivi de l’état de l’environnement, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.

    Canadensys (2023). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN). [En ligne : https://data.canadensys.net/vascan/]

    Carignan, R. (2003) Département de Sciences biologiques de l’Université de Montréal. Communication personnelle.

    Crow, G. E. et Hellquist, C. B. (2000a). Aquatic and wetland plants of Northeastern North America. Volume I: Pteridophytes, Gymnosperms and Angiosperms: Dicotyledons. The University of Wisconsin Press.

    Crow, G. E. et Hellquist, C. B. (2000b). Aquatic and wetland plants of Northeastern North America. Volume II: Angiosperms: Monocotyledons. The University of Wisconsin Press.

    Denis-Blanchard, A. (2015). Effet du développement résidentiel sur la distribution et l’abondance des macrophytes submergés dans la région des Laurentides et de Lanaudière. Université de Montréal : Faculté des arts et des sciences, Département de sciences biologiques. [En ligne : https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/13449]

    Greene, M. (2012). Effet du développement résidentiel sur l’habitat et la distribution des macrophytes dans les lacs des Laurentides. Université de Montréal : Faculté des arts et des sciences, Département de sciences biologiques. [En ligne : https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/8538]

    Fassett, N. C. (1957). A Manual of Aquatic Plants. Second Edition. University of Wisconsin Press.

    Fleurbec (1987) Plantes sauvages des lacs, rivières et tourbières. Fleurbec éditeur, Saint-Augustin (Port-neuf), 399 p.

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    Lapointe, M. (2014). Plantes de milieux humides et de bords de mer du Québec et des maritimes. Éditions Michel Quintin.

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