La renaturalisation d’une rive impose des contraintes spécifiques: sol nu, exposition aux vagues, enrochement, muret artificiel, pente abrupte… Découvrez les techniques de génie végétal qui redonneront à votre bord de l’eau son cachet naturel et son pouvoir de protection.

Planification des travaux

Avant d’entreprendre des travaux de renaturalisation, une bonne planification s’avère nécessaire. Il est important de faire un plan d’aménagement.  

Notez qu’au bord de l’eau, la pelouse est considérée comme un aménagement artificiel. Sa hauteur réduite et son faible enracinement l’empêchent de contrer l’érosion du sol, de filtrer les polluants de l’eau et de procurer un habitat de qualité dans la zone littorale.

Si l’on ne veut pas entreprendre de travaux de plantation, il existe un petit truc simple pour les éviter et renaturaliser quand même la rive : cesser de tondre le gazon en bordure de la rive. En épargnant la plus grande largeur possible (idéalement dix mètres) en avant de la berge, la végétation réapparaîtra graduellement et les arbustes repousseront après 2 ou 3 ans. Il suffit d’être patient! 

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Voici quelques conseils pratiques sur les précautions à prendre avant, pendant et après la plantation : 

Avant la plantation

À la réception des plants, il est important de préserver l’humidité des racines en les plaçant dans un endroit frais, à l’abri du soleil et du vent, jusqu’à la mise en terre. Les plants peuvent s’assécher en moins de quelques minutes ! 

Pendant la plantation 

Lors de la plantation, il est essentiel de respecter certaines règles : 

    • Effectuer la plantation au printemps jusqu’à la mi-juin, ou à l’automne dès la fin août ;
    • Planter vos plants à la fraîcheur, c’est-à-dire tôt le matin ou en fin de journée, pour éviter leur dessèchement ;
    • Privilégier un accès de biais vers le plan d’eau, pour éviter la perte de sol par ruissellement ;
    • Ne pas utiliser de fertilisant ;
    • Disposer vos plants en quinconce : selon une disposition par cinq (quatre plants aux quatre angles d’un carré, d’un losange ou d’un rectangle et un cinquième au milieu) .
Plantation en quiconce
Plantation en quinconce

Conseil pratique :

Lorsque les végétaux plantés sont de petits formats (multicellules ou 1 gallon), installer du paillis (ou un disque de coco spécialisé) à la base des plants sur un diamètre de 50 cm. Le paillis permettra aux végétaux de mieux compétitionner contre la végétation herbacée naturelle, que vous laisserez bien sûr pousser. Il est cependant important de ne pas installer du paillis sur toute la superficie de la bande riveraine : il ne s’agit pas d’une plate-bande. La strate herbacée naturelle doit pouvoir s’implanter. Pour les végétaux de plus gros format (2 gallons ou plus), il n’est pas nécessaire d’effectuer cette étape.  

Après la plantation 

Après la plantation, un entretien simple et efficace facilitera l’enracinement et la croissance des plants : 

    • Tout au long de l’été, arroser généreusement les plants, en matinée ou en soirée; 
    • Au printemps, vérifier si les plants doivent être rechaussés (replacés dans le sol); 
    • Au printemps ou à l’automne, couper la tête des plants (1/3) afin de renforcer leur base.

Méthode de calcul rapide pour estimer le nombre de plants nécessaires 

Si l’on tient compte du principe selon lequel on plante un arbuste au 0,5 m, on peut dire que : 

0,5 m de largeur = 2 rangées de plants

Espacement 0.5m

1 m de largeur = 3 rangées de plants

Espacement 1m

1,5 m de largeur = 4 rangées de plants

Espacement 1.5m

Selon cette estimation, voici le nombre de plants nécessaires pour renaturaliser une rive qui possède les dimensions suivantes : 

  • Longueur du terrain = 50 m 
  • Longueur de l’accès au plan d’eau = 5 m 
  • Espace à renaturaliser = 45 m 
Mise en situation
Schéma de la mise en situation

Il est possible de renaturaliser l’entièreté de cette rive sur 10 m. En guise de compromis Homme-nature, il est également possible d’envisager une renaturalisation manuelle sur 1,5 m, et laisser la nature reprendre ses droits sur les 8,5 m de rive restants. 

Exemple pour une renaturalisation sur 10 m : 

Nombre de plants sur la longueur : 1 plant au 0,5 m = 2 x 45 m = 90 plants
Nombre de plants sur la surface = 90 plants x 10 m (30 rangées) = 2700 plants 

Exemple pour une renaturalisation sur 1,5 m : 

Nombre de plants sur la longueur : 1 plant au 0,5 m = 2 x 45 m = 90 plants
Nombre de plants sur la surface = 90 plants x 1,5 m (4 rangées) = 360 plants 

 

* Il est important de noter que l’espace à respecter entre les arbustes dépend des espèces.
* 1 m = 3,28 pieds
 
 

Quelques techniques de renaturalisation 

Renaturaliser un sol nu ou une pelouse

1. Creuser un trou assez grand pour y faire entrer aisément toute la base du plant.

2. Ameublir la terre dans le trou, particulièrement si elle est compactée, et arroser le fond du trou.

3. Introduire le plant bien droit et, lorsque le trou est rempli aux deux tiers, tasser la terre.

4. Verser de l’eau afin d’éliminer les poches d’air.

5. Entourer de terre jusqu’au haut du collet qui doit se trouver au niveau du sol.

6. Faire une bavette (rebord) autour du trou avec de la tourbe afin que l’eau des pluies ou d’arrosage y demeure. Si le terrain est en pente, veiller à ce que la bavette soit orientée vers le sens descendant de la pente.

7. Tailler les branches endommagées ou mortes, si nécessaire, et arroser de nouveau.

Stabiliser un talus

Cette technique particulièrement efficace a le mérite d’être gratuite et très simple à mettre en place.

1. Prélever des boutures sur des essences telles que des saules et cornouillers. Couper des tiges de 50 cm environ, soit la longueur de son avant-bras et de sa main. Le prélèvement des boutures doit se faire au printemps ou à l’automne, lorsque les plantes entrent en dormance. 

Collecte de boutures
Prélèvement de boutures

2. Dans la même période de l’année (printemps ou automne), faire un trou dans le talus à stabiliser, à l’aide d’une rode (tige en métal). Ne pas hésiter à planter plusieurs boutures au même endroit, afin d’assurer un minimum de prise.

3. Insérer la bouture dans le trou jusqu’à ses 4/5ième. Pour une tige de 50 cm, ceci correspond à 40 cm sous terre.

4. Compacter légèrement la terre autour de la bouture.

Prélèvement de boutures
Prélèvement de boutures

Renaturaliser une rive exposée aux vagues

1. Creuser une tranchée de 25 cm de profondeur, à environ 30 cm de la ligne des hautes eaux.

2. Recouvrir la tranchée et ses bords d’un morceau de jute et remplir de matériaux meubles (terre et sable).

3. Mettre les plants en terre à 0,5 m de distance et replier en ordre les côtés du morceau de jute vers les plants, pour les protéger du ressac (clapotis des vagues).

4. Faufiler (coudre grossièrement) la jute avec une grosse ficelle, de manière à la refermer sur elle-même.

5. Placer des pierres autour des plants et les y laisser durant une période de 2 ans, le temps que les racines prennent bien en terre.

Renaturaliser un enrochement

Malgré la simplicité de cette technique, il est important de noter que celle-ci ne promet pas un succès garanti. Elle ne doit être utilisée que pour la plantation d’arbustes de milieu sec, qui sont très résistants à la sécheresse. On peut noter par exemple le rosier, la vigne et les ronces. Pour plus d’informations sur les végétaux adaptés aux rives, consultez notre fiche informative à cet effet. 

1. Déplacer quelques pierres afin de former une cuvette dans laquelle on placera le plant.

2. Étendre un morceau de jute dans la cuvette et sur ses bords.

3. Remplir de matériaux meubles (terre et sable) et y introduire le plant.

4. Ramener les côtés du morceau de jute vers le plant pour le protéger de la retraite des eaux.

5. Entourer le plant de quelques pierres pour consolider l’aménagement.

Renaturaliser un mur ou un gabion

Les murs artificiels (en bois, en béton ou en pierres) et les gabions rendent impossible la transition naturelle et essentielle entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Leur présence sur les rives provoque un réchauffement excessif de l’eau. De plus, l’absence de végétation riveraine, et par conséquent de système racinaire, empêche la filtration des polluants. 

Pour remédier à ces problèmes, il n’est pas nécessaire d’enlever ces aménagements artificiels. Il suffit de les renaturaliser, en les cachant avec des arbustes et des plantes.

Renaturalisation d’un mur avec plage

Renaturalisation d’un mur sans plage

Stabiliser un terrain en pente forte et sujet à l’érosion

Les travaux de génie végétal donnent lieu à des interventions importantes et, parfois, complexes. Ils requièrent donc généralement un permis municipal et parfois un certificat d’autorisation délivré par le MELCC. De plus, si les travaux se révèlent trop considérables ou s’ils nécessitent de l’équipement spécialisé (machinerie) pour leur réalisation, on peut s’adresser à un expert en génie végétal. Le RAPPEL possède une expertise pour ce genre de travaux. 

L’information présentée dans cette fiche est complémentaire à notre guide Rives et nature. Commandez votre copie papier gratuitement!

Vous souhaitez en apprendre plus sur la bande riveraine, l’impact des aménagements riverains et les espèces adaptées à la rive? Consultez nos différentes fiches informatives:

Vous avez besoin d’aide pour renaturaliser votre rive? Nous pouvons vous prêter main forte!

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