La renaturalisation d’une rive impose des contraintes spécifiques: sol nu, exposition aux vagues, enrochement, muret artificiels, pente abrupte… Découvrez les techniques de génie végétal qui redonneront à votre bord de l’eau son cachet naturel et son pouvoir de protection. 

Renaturaliser un sol nu ou une pelouse   

  1. Creuser un trou assez grand pour y faire entrer aisément toute la base du plant.
    Ameublir la terre dans le trou, particulièrement si elle est compactée, et arroser le fond du trou.
    Introduire le plant bien droit et, lorsque le trou est rempli aux deux tiers, tasser la terre.
    Verser de l’eau afin d’éliminer les poches d’air.
    Entourer de terre jusqu’au haut du collet qui doit se trouver au niveau du sol. 
  2. Faire une bavette autour du trou avec de la tourbe afin que l’eau des pluies ou d’arrosage y demeure.
    Si le terrain est en pente, veiller à ce que la bavette soit orientée vers le sens descendant de la pente.
    Tailler les branches endommagées ou morte, si nécessaire, et arroser de nouveau. 

Notez quau bord de l’eau, la pelouse est considérée comme un aménagement artificiel. Sa hauteur réduite et son faible enracinement l’empêchent de contrer l’érosion du solde filtrer les polluants de l’eau et de procurer un habitat de qualité dans la zone littorale. Si l’on ne veut pas entreprendre de travaux de plantation, il existe un petit truc simple pour les éviter et renaturaliser quand même la rive. Il s’agit de cesser de tondre le gazon en bordure de la rive sur une largeur de 1 mètre par année, jusqu’à concurrence de 10 mètres. La végétation réapparaîtra graduellement et les arbustes repousseront après 2 ou 3 ans. Il suffit d’être patient!

Renaturaliser une rive exposée aux vagues 

1. Creuser une tranchée de 25 cm de profondeur, à environ 30 cm de la ligne des hautes eaux. 

2. Recouvrir la tranchée et ses bords d’un morceau de jute et remplir de matériaux meubles (terre et sable).

 

3. Mettre les plants en terre à 0,5 m de distance et replier en ordre les côtés du morceau de jute vers les plants, pour les protéger du ressac. 

4. Faufiler la jute avec une grosse ficelle. Placer des pierres autour des plants et les y laisser durant une période de 2 ans, le temps que les racines prennent bien en terre. 

Renaturaliser un enrochement 

Renaturalisation de la partie supérieure d’un enrochement 

Cette technique ne doit être utilisée que pour la plantation d’arbustes de milieu sec.

1. Déplacer quelques pierres afin de former une cuvette dans laquelle on placera le plant. 

2. Étendre un morceau de jute dans la cuvette et sur ses bords. Remplir de matériaux meubles (terre et sable) et y introduire le plant.

3. Ramener en ordre les côtés du morceau de jute vers le plant, en terminant avec le côté 4 sur le côté 3 (voir dessin), pour protéger le plant de la retraite des eaux.

4. Entourer le plant de quelques pierres pour consolider l’aménagement.

Renaturalisation de la partie inférieure d’un enrochement 

Cette technique ne doit être utilisée que pour la plantation d’arbustes de milieu humide.

1. Déplacer quelques pierres afin de former une cuvette dans laquelle on placera le plant, comme dans la technique précédente.

2. Placer une pierre au centre d’un morceau de jute d’ environ 90 cm par 180 cm. Envelopper la pierre avec la jute et tordre le tissu de façon à former une grosse mèche avec le surplus de jute. Toutefois, ne pas tordre la jute jusqu’au bout. Garder du tissu afin de créer une sorte de poche dans laquelle on dispose le plant et des matériaux meubles (terre). Installer le tout dans la cuvette et consolider l’aménagement avec quelques pierres.

3. Une variante de cette technique consiste à rouler la jute, sans créer de mèche, pour former un tube dans la cuvette. Déposer une pierre dans le fond du tube (qui est aussi le fond de la cuvette) et le remplir, en partie, de matériaux fins (argile ou silt).

 

4. Introduire le plant et des matériaux meubles (terre) dans le tube et rabattre la jute de la partie supérieure du tube vers le plant. Entourer de quelques pierres pour consolider l’aménagement.

Le principe de cette technique consiste à faire remonter l’eau jusqu’au plant par capillarité, aidée tant par l’argile que par la jute. Il s’avère donc primordial que la base de la mèche ou du tube touche à l’eau.

Renaturaliser un mur ou un gabion

 

Les murs artificiels (en bois, en béton ou en pierres) et les gabions rendent impossible la transition naturelle et essentielle entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Leur présence sur les rives provoque un réchauffement excessif de l’eau. De plus, l’absence de végétation riveraine, par conséquent de système racinaire, empêche la filtration des polluants.

Pour remédier à ces problèmes, il n’est pas nécessaire d’enlever ces aménagements artificiels. Il suffit de les renaturaliser, en les cachant avec des arbustes et des plantes.

Renaturalisation d’un mur avec plage

Renaturalisation d’un mur sans plage

Stabiliser un terrain en pente forte et sujet à l’érosion

Les travaux de génie végétal donnent lieu à des interventions importantes et, parfois, complexes. Ils requièrent donc généralement un permis municipal et parfois un certificat d’autorisation délivré par le MELCC. De plus, si les travaux se révèlent trop considérables ou s’ils nécessitent de l’équipement spécialisé (machinerie) pour leur réalisation, on peut s’adresser à un expert en génie végétal. 

Voici quelques techniques de génie végétal qui permettent de stabiliser des terrains abruptes qui sont sujets à l’érosion.

 

Fascine : arrangement de branches orientées dans le même sens et fixées solidement entre deux alignements de pieux.

 

Fagot : arrangement de branches solidement attachées et formant un boudin uniforme, maintenu en place par des piquets enfoncés dans le sol. 

Matelas de branches : arrangement de branches posées sur la pente et retenues à l’aide de jute, de piquets et de fil métallique. Les branches doivent être parallèles à la pente.

Habituellement, on utilise les branches fraîchement coupées des arbustes environnants (aulne, saule, cornouiller, etc.) pour monter ce type d’aménagements. Il est préférable également d’effectuer ces travaux au printemps ou à l’automne alors que les végétaux sont en dormance. Pour s’assurer d’une bonne reprise végétale, il est recommandé d’arroser l’aménagement durant les mois chauds et secs de l’été pour les premières années. 

L’information présentée dans cette fiche est complémentaire à notre guide Rives et nature. Commandez votre copie papier gratuitement!

Vous souhaitez en apprendre plus sur la bande riveraine, l’impact des aménagements riverains et les espèces adaptées à la rive? Consultez nos différentes fiches informatives:

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