La coopérative RAPPEL regroupe plus de 190 membres, dont 80 sont des associations de protection de l’environnement de plans d’eau. C’est grâce au travail et au dévouement de nos membres que nous arrivons, tous ensemble, à faire une différence sur le terrain et à préserver l’écosystème fragile de nos lacs qui sont malmenés depuis des années.

Nous souhaitons mettre en lumière le travail de nos membres pour souligner leurs réalisations, mais aussi pour démontrer la force que représente le regroupement derrière la coopérative.

Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec la vice-présidente et, par écrit, avec le président de l’Association pour la protection du lac Brompton (APLB).

Louise Chrétien, vice-présidente de l’Association pour la protection du lac Brompton

Se relever de la disparition de la FAPEL

L’Association de protection du lac Brompton (APLB) a vu le jour en 1977. Au début des années 90, elle comptait sur l’appui de la Fédération des associations pour la protection de l’environnement des lacs (FAPEL), un organisme gouvernemental qui supportait le réseau des associations de protection de l’environnement des lacs dans leur mission. À une époque où la communication n’était pas facilitée par les médias sociaux, le FAPEL centralisait l’échange d’informations entre les associations. Cependant, le FAPEL s’est dissout vers la fin des années 90.

Laissées à elles-mêmes pour se débrouiller face aux importants enjeux à relever, certaines associations de la région de l’Estrie, dont l’APLB, ont décidé de se mobiliser pour regrouper leurs forces. C’est ainsi que le Regroupement des Associations Pour la Protection de l’Environnement des Lacs et des bassins versants (RAPPEL) a vu le jour.

Selon Madame Chrétien, ce regroupement permet aux associations d’aller chercher ce qui manque aux associations, qui sont, rappelons-le, supportées par des bénévoles. Le fait d’avoir des gens qui travaillent à temps plein pour faire de la recherche et peaufiner l’expertise en lien avec la gestion de l’eau est une ressource importante qu’une association pourrait difficilement se permettre seule.

Du travail de longue haleine

Quiconque ayant déjà œuvré à la protection des cours d’eau sait combien le sujet est complexe et que les solutions à mettre en place sont variées et parfois ardues. Ainsi, l’APLB mène depuis plusieurs années une lutte pour contrer la présence des espèces exotiques envahissantes telles que le myriophylle à épis. Pour ce faire, l’Association a réalisé des inventaires de plantes aquatiques, de l’arrachage manuel de plantes, de l’installation de toiles de jute, de l’installation d’estacades dans la portion marécageuse du lac et tente d’instaurer des stations de lavage aux abords du lac.

Myriophylle à épis

Un partenaire de proximité

La vice-présidente de l’association souligne que ces réalisations sont intimement liées à la collaboration du RAPPEL, qui les appuis dans les différentes étapes de leurs démarches en réalisant des mandats diversifiés : demande de certificat d’autorisation, installations de toiles de jute en collaboration avec des bénévoles, arrachage, recherche et développement pour peaufiner les méthodes de lutte. Elle ajoute que les connaissances scientifiques et l’expertise des professionnels de la coopérative assurent une crédibilité à leurs démarches auprès des différentes instances gouvernementales et sont indispensables au moment de rédiger des demandes de subventions.

toiles-jute-myriophylle-installation-plongeur

L’équipe du RAPPEL procède à l’installation de toiles de jutes à l’aide de plongeurs spécialisés et de bénévoles de l’APLB.

D’ailleurs, l’APLB a récemment obtenu une subvention de 93 000 $ du ROBVQ, dans le cadre du Programme Affluents Maritime, pour la réalisation du projet Lutte contre la propagation du myriophylle à épis dans le bassin versant de la rivière Saint-François. Débuté au mois de février 2020, ce projet d’une valeur de 155 000 $ s’échelonnera jusqu’en octobre 2020. « Le marais et plusieurs baies du lac sont envahis par le myriophylle à épis, une espèce aquatique exotique envahissante. Celui-ci, coupé par les embarcations surtout, se déplace de l’amont vers l’aval du lac Brompton et se propage dans toutes les baies et dans la rivière au Saumon située dans le bassin versant de la rivière Saint-François. Pour diminuer cette propagation, l’Association pour la protection du lac Brompton (APLB) va étendre des toiles de jute sur les herbiers de forte densité de myriophylle à épis et procéder à de l’arrachage manuel afin de nettoyer chaque site à 100 % », explique Denis Mercier, président de l’Association pour la protection du lac Brompton. « Il est prévu, à l’aide de cette subvention, de traiter une superficie de 25 800 mètres carrés par l’installation de toiles de jute », poursuit-il.

«  La créativité du RAPPEL dans le développement d’outils et de protocoles pour l’arrachage manuel du myriophylle à épis, la pose de jute avec des équipes de bénévoles et la gestion des sacs de gravier à déplacer constitue une compétence unique au Québec. »

 

– Denis Mercier, président de l’APLB  

La plateforme du RAPPEL pour remonter les sacs de pierre à la surface

 

 

La force du groupe

Monsieur Mercier évoque que bien, que les associations de lac aient une mission environnementale, leurs leaders ne possèdent pas nécessairement les connaissances et l’expertise requises pour prendre certaines décisions. Ainsi, la présence d’un partenaire de proximité comme le RAPPEL permet de supporter les associations dans la gestion de leur lacs. Plus qu’une simple équipe de professionnels, la formule de coopérative favorise le partage de connaissances entre les membres par la tenue de rencontres, d’événements et par la diffusion d’outils d’information comme les infolettres et les guides didactiques.

La vice-présidente reconnaît que l’APLB reçoit parfois des appels d’autres membres de la coopérative qui souhaitent obtenir des informations sur des thématiques en particulier. Cet échange précieux permet de partager les bons coups comme les échecs, tout aussi riches en apprentissages. Le président de l’APLB ajoute même que de façon ponctuelle, l’APLB collabore avec d’autres associations de la région, comme lorsqu’une municipalité planifie un projet pouvant affecter les plans d’eau. Dans ces cas, il est arrivé que l’APLB fasse front commun avec d’autres associations situées dans la même municipalité afin d’avoir une meilleure représentation face aux décideurs.

Le RAPPEL félicite l’association ainsi que tous ses membres et bénévoles pour le travail précieux qu’ils réalisent!

 

Le lac Brompton en bref

Crédit photo: APLB

Le lac Brompton est bordé des municipalités de canton d’Orford, de Racine et de Saint-Denis-de-Brompton dans les MRC de Memphrémagog et du Val Saint-François, en Estrie. Sa partie nord comprend plusieurs développements de villégiature et le Camping Plage McKenzie tandis que la partie sud est constituée de zone de marais. 

Le marais du lac Brompton, officiellement reconnu comme une « aire de concentration d’oiseaux aquatiques », protège aussi une importante biodiversité, soit 42 espèces végétales, cinq espèces de poissons, 11 espèces d’amphibiens, dont la grenouille des marais, également classée comme susceptible d’être menacée, et quatre espèces de reptiles. Enfin, il abrite aussi un site de ponte pour les tortues.

Vous aimeriez que votre association fasse l’objet de notre prochain article? Faites-nous part de votre intérêt par courriel à communications@rappel.qc.ca.